La loi de finances pour 2026 n’a été promulguée que le 19 février, au terme d’un long débat parlementaire. Pas de grand soir fiscal, mais plusieurs mesures qui méritent qu’on s’y arrête si vous investissez, si vous êtes à la retraite ou si vous détenez une holding.

Un barème simplement indexé

Les tranches de l’impôt sur le revenu sont relevées de 0,9 %, au rythme de l’inflation. Pour une part, le barème appliqué aux revenus de 2025 devient :

Revenu imposable (une part) Taux
Jusqu’à 11 600 € 0 %
De 11 601 € à 29 579 € 11 %
De 29 580 € à 84 577 € 30 %
De 84 578 € à 181 917 € 41 %
Au-delà de 181 917 € 45 %

Les retraités, eux, peuvent souffler : le projet de remplacer l’abattement de 10 % sur les pensions par un forfait de 2 000 € a été abandonné en cours de route.

Les hauts revenus toujours dans le viseur

La contribution différentielle sur les hauts revenus, qui impose un taux minimum de 20 %, est prolongée tant que le déficit public n’est pas repassé sous les 3 % du PIB. Elle touche les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule, 500 000 € pour un couple. Pour ces contribuables, une réduction d’impôt peut se retrouver en partie neutralisée : à vérifier avant de souscrire un produit de défiscalisation.

Holdings : une taxe ciblée sur les biens de luxe

La taxe sur les holdings patrimoniales a beaucoup évolué pendant les débats. Dans sa version finale, elle frappe à 20 % la valeur de certains biens sans lien avec une activité professionnelle (yachts, voitures de collection, chevaux de course, bijoux…) logés dans une holding contrôlée par une personne disposant d’au moins 5 millions d’euros d’actifs. Trésorerie, titres financiers, holdings animatrices et œuvres d’art sont hors champ. Elle s’applique aux exercices clos à partir du 31 décembre 2026.

Le retour d’un avantage pour la location nue

C’est sans doute la mesure la plus attendue par les investisseurs : le statut du bailleur privé, dit « Jeanbrun ». Pour un logement neuf ou ancien rénové acheté entre le 21 février 2026 et fin 2028, et loué nu pendant neuf ans, il devient possible d’amortir le bien, dans une limite de 8 000 à 12 000 € par an selon le niveau de loyer. Nous détaillons son fonctionnement dans un article dédié.

Dans le même esprit, le déficit foncier majoré à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique est prolongé pour les dépenses payées jusqu’à fin 2027, et Loc’Avantages rouvre.

Dons et rénovation

Les dons aux associations qui aident les personnes en difficulté ou les victimes de violences bénéficient toujours d’une réduction de 75 %, mais désormais jusqu’à 2 000 € par an au lieu de 1 000 €, pour les dons faits depuis le 14 octobre 2025. Quant à MaPrimeRénov’, elle rouvre pour tous les ménages, avec un passage obligatoire par un conseiller France Rénov’ avant de déposer un dossier.

Et pour 2027 ?

Le budget 2027 est en discussion au Parlement ; nous ferons le point lorsqu’il sera voté. En attendant, la fin d’année reste le moment de vérifier quelques réflexes : versements sur le PER, réductions d’impôt encore possibles, arbitrages sur l’épargne. Si vous souhaitez en parler, nos conseillers sont à votre disposition.


Article à jour au 19 octobre 2026, fourni à titre d’information générale ; il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles fiscales dépendent de la situation de chacun et peuvent évoluer.
Références : loi n° 2026-103 du 19 février 2026 ; ministère de l’Économie, « Loi de finances 2026 : ce qui change pour les particuliers » ; ANIL, analyse juridique n° 2026-08.

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